Par nature, la date de naissance d’un projet est difficile à estimer. Doit-on retenir la date des premières réflexions ? Des premières esquisses ? Du choix du nom ? De sa finalisation ? Dans le cas présent, la naissance de ce projet peut remonter à janvier 2022 lorsque, de retour d’un voyage en Suisse, est née cette question : pourquoi la Suisse y arrive et pas nous ?
Est-ce une question de géographie ? La Suisse et la région Auvergne Rhône Alpes ont des populations similaires. La densité suisse est certes plus forte (208 hab./km²) que celle de la région (115 hab./km²) mais s’explique partiellement par un territoire plus montagneux pour la région (80%) que pour la Suisse (69%). Bien que plus grande que la Suisse (41 285 km²), la région (69 711 km²) présente un étalement humain similaire puisque 6 villes dépassent les 100 000 habitants de chaque côté de la frontière. De même, on trouve 18 villes de plus de 30 000 habitants en Suisse contre 21 villes dans la région. Est-ce une question de géographie ? Non.
Pas d’explication donc mais les territoires sont comparables. Or, sur une même distance les trains suisses (Intercity) sont toujours plus rapides que la route (suisse ou française) qui est presque toujours plus rapide que les trains français. Dans le même temps, la ligne la plus fréquente de la région, Lyon – St Etienne, propose 4 fois moins de trajets par jour que la ligne Zurich – Winterthur (56 vs 204). Enfin, dans la même idée, Lyon – Genève (pop. municipales : 726 825 hab.) ou Lyon – Clermont Ferrand (670 834 hab.) propose moins de trajets par jour (10 vs 8 vs 14) que Tirano – St Moritz (13 800 hab.). Manque de volonté politique ? Certainement
C’est à ce moment que le projet commence à murir avec une première ébauche. Dans celle-ci, on trouve 7 lignes majeures dont 5 traversent Lyon. L’idée qu’il devait être possible de rejoindre l’autre bout de la région sans avoir à faire de correspondance à Lyon était déjà là. De même, on retrouve 2 lignes de rocade qui confirment la volonté d’offrir des alternatives à la centralisation lyonnaise. Quelques lignes complètent la desserte des grandes villes restées hors des grands axes et quelques esquisses sont déjà présentes pour signifier l’intérêt de traverser quelques déserts ferroviaires afin d’améliorer les liaisons.
Une seconde version voit le jour par la suite. Les lignes majeures y sont remaniées pour opérer en tronçon commun entre Lyon et Roanne, St Etienne, Ambérieu, Valence et Grenoble. L’objectif étant d’offrir des fréquences à la demi-heure sur ces trajets. Les lignes suburbaines font leur apparition sur cette carte. La répartition des missions y est confirmée : aux lignes express les grands trajets entre grandes gares, aux lignes suburbaines les trajets courts omnibus. Une ligne S0 se démarque sur Lyon. Elle vise à desservir Perrache, Jean Macé et Vaise alors que Part-Dieu est confirmée comme point de convergence unique pour faciliter les correspondances.
Une troisième édition est réalisée quand le projet se consolide et qu’il devient pertinent de présenter des tracés plus réalistes sur la carte. Quelques modifications sont effectuées à la marge concernant les lignes express mais le changement le plus important concerne les lignes suburbaines de Lyon grâce au projet de tronçon commun entre Part-Dieu, Jean Macé et Perrache d’un côté et grâce au projet d’embranchement entre Perrache et Ecully Demi-Lune de l’autre. Le tout permettant d’intégrer les lignes de tram-train au réseau et donc de revoir la desserte globale des lignes suburbaines.
La quatrième itération est la version actuelle du projet. Elle est rendue nécessaire par le besoin de mettre en place une ligne express entre Chambéry, Ambérieu et Mâcon tout en permettant l’ajout de nouvelles dessertes comme Besançon, Pont St Esprit et Martigny pour optimiser les liaisons avec les réseaux extérieurs. Il en résulte quelques modifications sur l’ensemble des lignes express. La pertinence de certains tracés est également revue à mesure que les simulations quant à l’horaire cadencé sont réalisées. En résultent des fusions, des scissions, des prolongements ou des réductions. En somme, c’est la première carte qui s’est confronté au réel.





